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Avec le nouveau rapport d?experts de Transparency International sur la corruption à travers 177 pays du monde pour l?année 2013, on retrouve Haïti gouvernée pendant deux ans et demi par Michel Joseph Martelly, à la 163e place sur 177. Un palmarès qui ne fait pas honneur à la nation haïtienne. Un taux de pauvreté à plus de 70%. Un taux de chômage à plus 70%. Ces trois palmarès combinés, révèlent que sur le plan économique, l?investissement est extrêmement faible dans ce pays. Que sur le plan de la corruption, l?espace criminogène, est non-seulement présent, mais prépondérant. Qu?en outre, le pouvoir et le système judiciaire sont dysfonctionnels. On est sans doute en bonne compagnie avec le Tchad, la Guinée Equatoriale et la Guinée Bissau qui sont tous ex aequo, 163e avec 19 points sur 100. Avec la nuance qu?Haïti en 2012, avait obtenu le même score, 19 points sur 100. Qui n?avance pas recule ! Si Haïti paraît avoir relativement pris une avance très mince dans cette nouvelle classification, ne faisant plus partie du groupe des quatre pays les plus corrompus du monde. C?est parce qu?évidemment d?autres pays ont régressé, tel que : le Sud Soudan, le Soudan, l?Afghanistan, la Coré du Nord et la Somalie.
 


Il y a des accusations portées contre le gouvernement Martelly/Lamothe, qui veulent que des contrats de gré à gré pour un montant de plus de 650 millions de dollars US, ont été passés sans appel d?offre. Que pour la signature de ces contrats, il y a eu des pots-de-vin variant de 15 à 30% pour chacun des contrats. Ce n?est ni l?effet du hasard, ni l?envie de tirer les oreilles à Martelly et à Lamothe qui ont porté Mary Barton-Dock, envoyée spéciale de la Banque Mondiale, à exiger plus de transparence dans la gestion des fonds de Petrocaribe dans l?économie et aussi pour les fonds que des partenaires contribuent au budget d?investissement public du gouvernement haïtien.


 


Elle se plaint que malgré la budgétisation des fonds de Petrocaribe. Il n?y a pas assez de détaille mettant en exergue l?utilisation spécifique de ces fonds. Quant aux fonds de l?Etat, elle réitère les mêmes critiques, le manque de transparence. Elle a suggéré que pour les investissements publics, il faut prioriser, la rentabilité sociale et économique. En d?autres termes l?envoyée spéciale a suggéré que pour le peu d?argent que gère ce gouvernement, l?emphase aurait dû être sur l?efficacité de l?investissement public. Puis elle a fait savoir que pour la Banque mondial qui avait alloué depuis le séisme du 12 janvier 2010 un montant de 500 millions de dollars US d?aide exceptionnelle réparti sur une période de trois ans. Qu?il y aura malheureusement pour le montant de l?aide, une révision à la baisse pour l?année 2014. Comment une telle décision, peut-elle être interprétée ?


 


Des parlementaires ont profité de l?occasion pour se plaindre, eux aussi, de l?opacité de la gestion des fonds de Petrocaribe. Des décaissements engagés depuis février 2012, de 234 millions de dollars US et de 130 millions de dollars US, ne sont pas publiés jusqu’à présent dans le journal officiel, Le Moniteur. Un autre parlementaire a réitéré le fait qu?après le cyclone Sandy, 450 millions de dollars US, ont été engagés sans appel d?offre. Ces pratiques louches, sans aucun doute, soulèvent des suspicions justifiées. Indubitablement, par coïncidence les remarques de l?envoyée spéciale de la Banque Mondiale et la publication du rapport sur la corruption à travers le monde par Tranparency International, viennent de corroborer ces suspicions et ces doutes. 


 


Face à cette situation pour le moins inquiétante et humiliante, Martelly a-t-il un plan, un projet de gouvernement accompagné d?un calendrier d?exécution qui dit spécifiquement qui va faire quoi, quand, pourquoi et comment pour améliorer cette situation ? Ou va-t-il continuer à faire des interventions messianiques, du bricolage politique et de la démagogie, comme ses prédécesseurs ? Au constat de ce rapport accablant et humiliant et des critiques de Mary Barton-Dock l?envoyée spéciale de la Banque Mondiale, Martelly va-t-il, au moins par décence, faire semblant qu?il est concerné, et proposer quelque chose pour au moins sauver la face ? Ou va-t-il, tout bonnement comme ses prédécesseurs, ignorer ce rapport ? Avec une telle classification quel investisseur sérieux, oserait prendre de tel risque ? Il n?y a pas à en douter. La corruption est un handicape sévère pour le développement.


 


Quand on partage une petite île avec un autre état souverain qui en occupe déjà les deux tiers. Et que l?on continue à donner depuis plus d?un demi-siècle des signes d?ingouvernabilité et de déclin économique précipité, sans aucune perspective de redressement. Mais qui au contraire s?aggravent. N?y a-t-il pas lieu de se soucier sérieusement de la question de viabilité et de fusionnement ? Cet état a déjà la part du lion de nos marchés ! De fait, le secteur d?extrême droite de la République Dominicaine, a déjà réagit à cet effet, avec l?arrêté de la Cour Constitutionnelle, sa plus haute instance juridique.


 


Avec ce que l?on constate depuis deux ans et demi, il y a-t-il quoique ce soit qui dénote dans les faits un effort ou une affirmation d?intention de regain d?autonomie et de souveraineté ? Ou blotti sous les aisselles de ses tuteurs comme son prédécesseur, Martelly, ne se sent-il pas tout à fait confortable et bien protégé ? Ce dernier tuteurage a commencé avant le second mandat de Préval en juin 2004. Préval, malgré les zones de non-droit et les carnages de l?Opération Baghdâd, a survécu et en a profité, avec la protection des 9 mille paires de bottes de la Minustah, pour terminer son mandat. Vautré dans son confort onusien, il a cru pouvoir aller encore un peu plus loin. Jusqu’à avoir l?ambition de gérer une stratégie de continuité avec Jude Célestin. L?Internationale, par le biais d?Edmond Mulet, ne lui a-t-il pas fait savoir à qui ce droit est réservé depuis plus d?un demi-siècle, le choix du prochain chef d?état ?


 


La réaction du tandem Martelly/Lamothe qui veut, à son corps défendant et avec ses ministre, ignorer la véracité des faits, pour faire d?une pierre deux coups, esquiver et jeter au rancart, le rapport de Transparency International et les critiques de Mary Barton-Dock, l?envoyée spéciale de la Banque Mondiale. Il interprète les critiques de Mary Barton-Dock, comme de la jalousie face aux fonds de Petrocaribe qui offrent une meilleure alternative plus substantielle que ceux de sa banque et ne font pas autant d?exigence. Même sans savoir ce qu?est la démagogie. On n?aurait aucune difficulté à la reconnaître à première vue ! 


 


Compte tenu de ce que nous avons eu comme gouvernants depuis plus d?un demi-siècle et ce que nous avons encore maintenant à l?avant-scène. Il nous faut admettre que le déclin d?Haïti, vient de leur corruption, de leur inconscience et de leur incompétence. Ils sont catapultés au pouvoir par l?Internationale. Font leur tour de piste. Emprisonnent, torturent ou tuent leurs ennemis. S?enrichissent par la dilapidation des fonds publics et des pots-de-vin de contrats de gré à gré sans appel d?offre. Sans courir aucun risque. Puisqu?en Haïti le crime politique n?est pas un crime. Ce qui a fondamentalement changé cette fois-ci, est, qu?avec l?immixtion internationale, ils reviennent à la charge, pour confisquer à nouveau le pouvoir.


 


Cette situation artificiellement créée par l?Internationale, est fait pour polariser intentionnellement l?échiquier politique et pour intensifier outre mesure la compétition pour le pouvoir. Ce que l?on constate déjà. Ce scénario à coup sûr, nous renfermera dans une logique qui nous fera glisser en douceur, sans que l?on s?en aperçoive, vers les contraintes du bipartisme. Les partis d?opposition comprennent-ils que le risque dans la matérialisation de ce scénario, est de devenir des partis minoritaires asservis sans option de pouvoir ? Des partis voués qu?à ne faire des coalitions qu?avec l?un des deux pôles, jusqu’à leur disparition. La bigarrure de l?échiquier politique, si on ne se bat pas pour la retenir, tendra à disparaître.


 


Si « La crise c?est quand l?ordre ancien se meurt et que le nouvel ordre hésite à naître ». Celle-là, la rétrogression, est-ce la résurrection de l?ordre ancien dans un contexte nouveau ? N?est-ce pas une contradiction anachronique ? Est-ce, ce que l?on désir ? Est-ce, ce que l?on recherche ? Quel problème étique pose un tel choix contre-nature, imposé ? Quelle ligne d?horizon qu?offre la rétrogression ?