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Originally: Chronique d?une tentative avortée de crime d?État

Dans la nuit du vendredi  29 au samedi 30 octobre 2010, au moins 5 hommes armés de pistolets 9 millimètres et de mitraillettes Uzi pénètrent, à Pèlerin 5, dans la propriété de la famille André Lafontant Joseph. Ils empoisonnent d?abord le chien de garde et vers 1h du matin commencent à démolir une des portes métalliques de l?appartement situé au sous sol, à coups de masse. Pendant ce temps, au moins cinq autres, selon ce que rapportent les voisins, font la garde dans la rue adjacente à l?entrée de la maison.  À ce moment, à  l?intérieur de la maison se trouvent l?ex député et candidat à sa réélection pour la commune de Pilate, M. Georges Espady et  Mme Guirlène Cottin Joseph, directrice exécutive du parti RESPÈ.
Pensant à d?éventuels voleurs, le député qui est un ancien officier de la PNH, tire un coup de feu pour les effrayer. Malgré, cet avertissement, les intrus assurés de la puissance de leur arsenal et pensant que Guirlène était seule, continuent leur effraction pendant au moins 30 minutes. Un voisin les voit sur la galerie éclairée du rez-de-chaussée. Certains portent des gilets pare-balles. Le voisin croyant également avoir affaire à de petits brigands, tire à son tour un second coup d?arme, pour les intimider. Les autres membres de l?équipe faisant la garde dans la rue, répliquent par un feu nourri. Notre ami se rend compte qu?il s?agit d?une opération sérieuse menée par un véritable commando et se terre et ne tire plus. Par contre, il informe les autres voisins de la situation.
Dès qu?elle s?est rendu compte de la gravité de la menace, Guirlène commence avec son téléphone portable, à appeler la PNH. Elle alerte André avec lequel elle entretient de bons rapports, ses parents et ses amis pour que chacun de son coté intervienne auprès de la PNH et des autorités compétentes. Ce qui a été fait. Pendant ce temps, les assaillants, après avoir démonté la porte métallique, pénètrent dans la maison et fouillent toutes les pièces du sous sol. N?ayant trouvé personne, ils prennent l?escalier,  montent  à l?étage et poussent la porte de la chambre où se trouvent refugiés Guirlène et Georges.  C?est à ce moment que ce dernier, avec son pistolet Gluck, tire 5 coups dans leur direction. Au moins un est blessé, en témoigne le sang trouvé devant cette porte. Ils battent en retraite pendant quelques minutes. Georges profite pour pousser le lit et bloquer la porte.
Après ce premier affrontement sanglant,  les assaillants qui ont agi jusque là sans mot dire, commencent à invectiver  Guirlène. Ils lui disent en substance qu?ils sont venus la chercher vivante pour l?emmener s?expliquer à leur boss (sic) Jude Célestin pourquoi elle est passée dans le camp de l?opposition et pourquoi elle organise des réunions politiques dans la maison. Au cas où elle refuse de se rendre, disent-ils, ils seront obligés de la déloger morte. Tout porte à croire que les malfrats essayaient de briser sa résistance. Ils ont ensuite brisé une baie vitrée attenante à la porte et ont arrosé la chambre d?une rafale d?Uzi. Georges tire deux coups en direction de la baie vitrée défoncée, roule par terre en direction d?une fenêtre. Cette fenêtre donne vue sur la devanture de la porte. À partir de cette nouvelle position, le tacticien voit clairement trois énergumènes et tire deux balles dans leur direction. Ceux-ci l?aperçoivent mais trop tard  et se rendent compte que Guirlène n?est pas seule. Ils arrosent la maison de quelques rafales supplémentaires. C?est à ce moment qu?un des bandits probablement blessé dit que Préval (sic) les a mis dans un pétrin (gade nan kaka Preval mete nou) en leur faisant croire qu?il n?y aurait pas de riposte armée. Pendant ce temps, un autre voisin donne l?ordre à ses agents de sécurité d?ouvrir le feu. Face à cette vaillante réaction tant de Georges que des habitant de la zone,  les assassins défoncent la porte d?entrée, à partir de l?intérieur  et laissent la maison. Leur déroute à pied est ponctuée de tirs tant de leur part que de celle des voisins. Au matin les traces de sang trouvé sur leur parcours, montrent que plusieurs ont été grièvement blessés.
La PNH arrive sur les lieux aux environs de 2h 45. Guirlène confirme avec les voisins qu?il s?agit bien de la PNH et que les voitures portent des gyrophares, avant de sortir de la chambre. Les policiers prennent les déclarations et s?en vont. Après le départ de la PNH, deux des frères de Guirlène dont l?un appartient à la garde du Président Préval, viennent lui apporter leur réconfort. André Lafontant Joseph, accompagné d?un de ses cousins arrivent à leur tour.  Le spectacle du chien empoisonné, de la porte métallique défoncée, des impacts et des douilles de projectiles partout dans la maison est effrayant. Plus tard, dans la journée, des jeunes du quartier rapportent que des hommes habillés de noir, non familiers dans le quartier, étaient remarqués depuis 8h, le vendredi soir.
Analysant le timing de l?opération, un samedi précédant un long weekend de trois jours, André décide d?alerter tout de suite l?opinion publique. Il descend   à radio Kiskeya et obtient de son directeur des informations le privilège de faire une intervention en direct, à la fin du journal de 7h du matin. Dans sa déclaration, reprise au journal de 4h de l?après midi, tout en signalant la gravité des affirmations des bandits impliquant nommément les plus hautes autorités du pays, André porte à l?attention de la PNH et des centres hospitaliers qu?au moins un assassin est gravement blessé et devrait rechercher des soins médicaux.
On apprendra par la suite que trois blessés par balles sont été soignés dans un grand hôpital de la capitale durant plusieurs jours sans être inquiétés. Selon ces sources, l?un des deux médecins traitant serait un membre influent du parti INITE au pouvoir. Normalement aucun hôpital ni aucun médecin n?a le droit de soigner un blessé par balle sans avertir la police. Les dirigeants de RESPÈ ayant transmis l?information au chef de la PNH et à la Minustah nous attendons le suivi qui sera donné à cette démarche.
Revenons au 30 novembre 2010. Le forfait de Pèlerin 5 n?avait pas encore été accompli que l?information de la mort de Guirlène Cottin, prétendument assassiné par son ex mari, circulait à la Marmelade et dans les milieux marmeladais de la diaspora haïtienne des États-Unis. C?est que ces lâches étant tellement surs de la réussite de leur coup, face à une femme sans défense, avaient programmé la propagation de rumeurs devant amener à ce que les américains appellent un “character assassination”. Connaissant la culture orale haïtienne,  trois jours de congé et d?absence d?information médiatique auraient suffit pour faire circuler ces allégations mensongères dans tout le pays et les incruster dans les cerveaux des gens qui ne connaissent pas suffisamment André Lafontant Joseph pour savoir qu?il ne peut pas être mêlé à ce genre d?acte crapuleux. Nous sommes donc face à des “intelligents” qui connaissent bien la mentalité haïtienne et qui savent comment la manipuler. Avait-il réussi leurs forfaits,  qu?André Lafontant Joseph, le mercredi 3 novembre, serait probablement sous les verrous comme principal accusé dans l?assassinat de Guirlène Cottin, la mère de deux de ses enfants.
Aujourd?hui encore, Guirlène est ulcérée par les insinuations de ces simples d?esprit qui estiment qu?elle n?a pas suffisamment de notoriété pour “bénéficier” d?un attentat politique de la part des puissants de ce pays.  Ceux-là ne comprennent pas qu?elle n?était qu?une cible intermédiaire. André Lafontant Joseph a assez de notoriété et a pris suffisamment position contre la déchéance qui frappe ce pays, pour être dans le “collimateur” des secteurs politiques mafieux. André avait notamment rendu le gouvernement Préval responsable de l?assassinat non moins politique de son cousin, le Dr Ronald Joseph. Ronald était Secrétaire général du KID mais comme Guirlène, très efficace dans la vie de son parti, il n?était pas au devant de la scène politique.
En réalité, tout porte à croire que les commanditaires de l?attentat de Pèlerin 5, voulaient d?une pierre faire au moins deux coups (2 kabès). Charles Henry Baker, candidat à la présidence, était aussi dans leur “collimateur”. En effet, sans aucune justification apparente, le mercredi 3 novembre, un responsable du programme de désarmement et de réinsertion est intervenu sur les ondes d?une radio de la capitale pour accuser M. Baker d?être en contact avec des individus qui seraient en possession d?armes à feu et pratiquement demander son interpellation. L?énervement l?agressivité de cet invité du jour impromptu, ont choqué le journaliste et probablement une bonne partie de l?auditoire.
Pourquoi Charles Henry Baker demandera-t-on? Pourquoi pas un autre candidat plus en verve dans les sondages? Premièrement rien n?indique ce que ce laboratoire ne soit pas en train de préparer des traquenards contre les autres candidats. C?est pourquoi le silence de ces derniers, à quelques exceptions près, face à l?attentat raté de Pèlerin 5, est contraire au fairplay du jeu démocratique et pourrait, tôt ou tard, se retourner contre eux.  Deuxièmement, Charles Henry Baker, quelques jours auparavant, avait non seulement violemment attaqué le secteur le plus réactionnaire de la bourgeoisie (sic) qui soutenait la politique de Préval mais aussi avait dénoncé la redistribution à des bandits, des armes préalablement  récupérées par le programme de désarmement et de réinsertion.
Que l?on se souvienne des persécutions subies par Roudolph Boulos et Dany Toussaint, suite à l?assassinat politique de Jean Dominique!
En tout état de cause, trois bandits blessés sont en cavale, le gouvernement et la PNH en sont informés. Que l?action publique soit mise en mouvement pour que les noms du Président et du candidat officiel, M. Jude Célestin, soient lavés de cette présomption criminelle soulevée par les déclarations des assaillants de cette nuit du 29 au 30 novembre à Pèlerin 5, telles que rapportées par leurs victimes. En attendant ma sécurité et celles de tous les membres de ma famille est entre les mains des autorités haïtiennes.
andrelafontant@hotmail.com