Warning: A non-numeric value encountered in /home/haitipol/public_html/wp-content/themes/Divi/functions.php on line 5605

Originally: La NCHR analyse le caractère systématique des attaques dirigées contre la presse depuis le retour au pouvoir de Jean Bertrand Aristide

Depuis le retour au pouvoir en février 2001 du Président Jean Bertrand ARISTIDE et compte tenu du contexte dans lequel ce retour a eu lieu, la presse indépendante est mise sur la sellette. Tout est entrepris au niveau du pouvoir en vue d’imposer le culte de la pensée unique. En plus des médias d’Etat, le pouvoir s’attribue suivant diverses stratégies plusieurs stations privées de télévision et de radios, achètent des temps d’antenne par-ci et par-là. Une vaste machine de propagande est donc mise en place aux frais de l’Etat. Parallèlement, il se développe un climat d’intolérance vis-à-vis de la presse libre qui est accusée de tous les péchés d’Israël quand elle refuse de s’aligner sur la politique du Gouvernement. Pourtant dans les discours officiels, le pouvoir se dit respectueux de la liberté d’expression.


Le 21 septembre 2003, le masque est tombé. Dans une émission diffusée en réseau sur des chaînes de télévision et de radios de la capitale, les invités du pouvoir, le Ministre de la Justice, Me Calixte DELATOUR, le Secrétaire d’Etat à la Communication, Monsieur Mario DUPUY et le Directeur Général du Conseil National de Télécommunication (CONATEL), Monsieur Jean Harry CEANT ont menacé sans ambages les médias indépendants d’application du décret du 12 octobre 1977 du Président à vie Jean-Claude DUVALIER sur la presse.


Il faut rappeler que ce décret se situe dans le contexte des pleins pouvoirs accordés au président à vie de la République en période de vacances parlementaires. Ce décret prévoyait en ses articles 51 et 53 que :


  « ? les informations diffusées doivent être exactes, objectives et impartiales, elles doivent provenir de sources autorisées à indiquer au moment de la transmission. Les responsables des émissions contrôlent les programmes pour s’assurer que des informations mêmes exactes ne puissent nuire à la population ou l’alarmer par leur forme, leur présentation ou opportunité ;


les stations émettrices constitueront une chaîne pour l’émission de programmes officiels, lorsque les pouvoirs publics le requièrent »


De telles dispositions vont à l’encontre des articles 28-1, 28-2, 245 de la Constitution qui condamnent la censure, protège la source des journalistes et l’entreprise privée.


Il va sans dire que ce décret, restreignant arbitrairement les libertés et les droits fondamentaux des citoyens est de nul effet parce que contraire aux dispositions des articles 296 et 297 de la Constitution en vigueur et à la Déclaration de Chapultepec du 11 mars 1994 qui stipule en son article premier : « aucun peuple ni société ne peut être libre sans liberté d’expression et de la presse. L’exercice de cette liberté ne se donne pas par les autorités, c’est un droit inaliénable du peuple ».


Pourquoi des officiels du Gouvernement ont-ils tenté de faire revivre un décret obsolète, abrogé par la Constitution ? Quel est le message à tirer de cette tentative de musellement de la presse survenue après la décision d’engager arbitrairement le processus d’amendement de la Constitution ?


Les partisans de la liberté et de l’Etat de droit n’ont-t-ils pas de bonnes raisons de s’inquiéter ?


La volonté de réduire la presse au silence est aussi confirmée par d’autres événements tels :


1. les menaces proférées contre des journalistes et des médias indépendants à la veille du douzième anniversaire du sanglant coup d’Etat du 30 septembre 1991 ;


2. la promesse non tenue du Secrétaire d’Etat à la Sécurité Publique de placer des agents de police en des points stratégiques le 30 septembre 2003 écoulé en vue de garantir la sécurité des médias ciblés ;


3. la manifestation organisée contre la presse par des partisans du pouvoir ayant à leur tête un ancien ambassadeur itinérant du Gouvernement Lavalas, Benjamin DUPUY ;


4. les pancartes arborées au cours de la manifestation du 30 septembre 2003 tendant à assimiler certains médias indépendants à des médias macoutes comme s’il y avait une différence entre macoutes et lavalassiens dans la manière de gouverner. Si vraiment il y a une différence, comment expliquer la tentation des officiels du gouvernement à faire revivre, à leur profit, le décret du 12 octobre 1977 concocté par des esprits macoutes dans le but de garantir le pouvoir à Jean-Claude Duvalier tant qu’il serait encore parmi les hommes ?


Les radios Caraïbes, Galaxie, dont les Directeurs (Jacques Gary Siméon alias Jacky Caraïbes et Félix LAMY) ont été assassinés après le coup d’état du 30 septembre 1991 pour leur indépendance d’esprit, Kiskeya dont les propriétaires ont connu l’exil durant le règne des macoutes, Métropole, Vision 2000 et la chaîne de télévision par câble Télé Haïti qui se caractérisent par leur souci d’objectivité sont accusées de médias macouto-bourgeois parce qu’ils refusent de faire de la propagande stérile pour le pouvoir. Pourtant beaucoup d’anciens macoutes connus siègent au Conseil des Ministres et occupent les avenues du pouvoir.


La situation de tension dans laquelle la presse évolue n’est pas l’effet du hasard, elle fait partie d’un projet politique. Analysons mois par mois les péripéties de la presse indépendante depuis le retour au pouvoir de Jean Bertrand ARISTIDE.


Janvier 2001


Avant même la prestation de serment du Président Jean Bertrand ARISTIDE, les menaces contre la presse ont débuté.


A Belladère :


Les journalistes de Radio Rotation F.M ont fait l’objet de menaces et de pression de la part du Magistrat lavalas de la ville.


Dans le sud :


Des journalistes de Radyo Vwa Peyizan Sid ont été menacés par le député Jean CANDIO de la circonscription de Saint Louis du Sud-Cavaillon et le Maire Bally VINCENT pour l’utilisation de l’étiquette d’« élu contesté ».


A Port-au-Prince :


Le 9 janvier 2001, Paul RAYMOND et René CIVIL, deux (2) militants d’organisations populaires proches du pouvoir ont proféré des menaces de mort publique contre des personnalités de plusieurs secteurs de la vie nationale dont Liliane PIERRE PAUL de Radio Kiskeya et Max CHAUVET du quotidien le Nouvelliste. Un jour après de la gazoline et des tracts hostiles aux journalistes ont été jetés sur la cour de Radio Kiskeya.


A Anse d’Hainault


Le journaliste Pierre Marcelin LAMARRE de Radio Haïti Inter a été sauvagement battu par des policiers.


Février 2001


Peu après l’investiture du Président Jean Bertrand ARISTIDE en février 2001, les journalistes Marvel DANDIN et Lilianne PIERRE PAUL de Radio Kiskeya qui commentaient la cérémonie avaient fait allusion aux contestations entourant les élections de l’année 2000 ayant abouti au retour du Président Aristide au pouvoir. Ils ont reçu des appels téléphoniques anonymes leur faisant savoir que : « Radio Kiskeya s’amuse à parler de parlementaires contestés sans parler de Président contesté pour le Président Georges Bush aux Etats-Unis qui a volé la victoire des démocrates. Si elle refuse au Président Aristide de passer les cinq (5) ans de son mandat au pouvoir, Radio Kiskeya et ses journalistes seront sautés ! »


Mars 2001


Les journalistes Valéry NUMA, Jean SEVERE, Marc Sony Jean BAPTISTE, Yves Clausel ALEXIS et Robert PHILOME de Radio Vision 2000 ont été agressés physiquement par des militants lavalas au moment de couvrir une manifestation.


Avril 2001


Deux (2) attaques à main armée ont été perpétrées contre les antennes des radios Lumière et Vision Nouvelle situés à Ménélas, au Nord de Port-au-Prince. Fritz Antoine JEAN, gardien de Radio Vision Nouvelle est tué à coups de machettes et Alcis DELCE s’en est tiré avec de graves blessures. Félix JEAN CHARLES de Radio Lumière en est sorti également blessé. Les installations de ces radios sont mises hors service et des matériels ont été emportés. Les pertes ont été estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars américains


Mai 2001


Des menaces sont proférées à l’encontre du journaliste Michel SOUKAR de Signal F.M par des inconnus.


Juin 2001


Le Journaliste Fritzson ORIUS de Radio Haïti Inter a été attaqué à Delmas par des individus armés qui l’ont poursuivi, intercepté sa voiture, brisé ses pare-brise et l’ont forcé à donner les numéros de ses pièces d’identité (passeport, carte d’identité fiscale).


Roosevelt Benjamin, Directeur à l’Information de Radio Signal F.M animateur de l’émission « Moment Vérité » a reçu des menaces anonymes de mort après avoir mis en doute la crédibilité de certains Sénateurs de FANMI LAVALAS.


Juillet 2001


Les journalistes de Radio Rotation F.M. Rénold LIBERUS et Claude FRANÇOIS de Belladère ont été arrêtés et maltraités par des policiers de la commune de Belladère qui tentaient de récupérer les bandes magnétiques des interviews réalisées avec des présumés auteurs d’une série d’attaques perpétrées à l’encontre des postes de police de Port-au-Prince et du Plateau Central.


Septembre 2001


Jean Marie MAYARD, correspondant de Radio Métropole à St Marc est agressé par des membres de l’organisation « BALE WOUZE » au moment où il couvrait un meeting du Président Aristide. Son magnétophone a été brisé.


Octobre 2001


Le journaliste Jean Robert DELCINE de Radio Haïti Inter a été violemment frappé à Cité Soleil par l’Inspecteur de Police Irvens CESAR qui a, de plus, confisqué son magnétophone. Le Journaliste avait mené une enquête autour du meurtre d’un adolescent de seize (16) ans, Mackenson FLEURIMOND, perpétré par la Police.


Jean Ronald Dupont, Journaliste de Radio Maxima F.M. est blessé à la tête alors qu’il couvrait une manifestation se déroulant au Cap-Haïtien.


Novembre 2001


Au cours du mois de novembre 2001 plusieurs cas d’agressions exercés contre des journalistes ont été répertoriés :


  Francelyne LEONARD, correspondante de Radio Métropole aux Cayes a été agressée par des membres d’organisations populaires proches du parti au pouvoir au moment de couvrir le lancement de la campagne d’alphabétisation dans le Sud.


  Georges VALENS, correspondant de Radio Haïti Inter aux Cayes, a été, par la même occasion malmené.


  Euvrard SAINT-ARMAND, journaliste de Radio Kiskeya a été frappé par un policier en civil à la rue Duffort à Port-au-Prince. Des agents de la PNH en uniforme ont ensuite brisé son magnétophone et l’ont accusé du meurtre qu’il allait couvrir avant de le conduire au commissariat de Port-au-Prince.


  Ulrick JUSTIN, correspondant de Radio Vision 2000 à Léogâne a été menacé de mort par des partisans du pouvoir pour avoir diffusé des informations relatives à l’affaire de Panel RENELUS (Ti Panel). Ce dernier, accusé d’implication dans l’assassinat du journaliste Jean Léopold DOMINIQUE, a été lynché au Sous-commissariat de Police de Léogâne peu après avoir été livré à la foule par les policiers.


  Ernst OCEAN, correspondant de Radio Vision 2000 à St Marc a vu les pneus de sa voiture éclatés par des militants de l’organisation « BALE WOUZE » tandis que les parois externes de la voiture sont couvertes de graffitis favorables au Président Aristide. Il a été reproché à Monsieur Océan de n’avoir pas diffusé des nouvelles favorables au Gouvernement Lavalas.


  Jean Mary MAYARD, correspondant de Radio Métropole à St Marc qui couvrait une manifestation de l’opposition dispersée par les partisans du pouvoir a été menacé de mort par des membres de « BALE WOUZE ». Le lendemain, soit le 29 novembre, il a été menotté par des membres du Corps d’Intervention de Maintien de l’Ordre (CIMO) après s’être identifié comme correspondant de Radio Métropole.


  Des menaces de mort publiques ont été proférées contre le journaliste Brignol LINDOR par Monsieur Dumay BONY, Maire assesseur de Petit-Goâve qui au cours d’une conférence de presse réclama contre lui l’application de la formule « zéro tolérance ».


Décembre 2001


Le journaliste Brignol LINDOR, Directeur de la salle des nouvelles de Radio Echo 2000, est tué à l’Acul, 1ère Section Communale de Petit-Goâve, à coups de piques et de machettes. Cette mort violente, d’une sauvagerie innommable est survenue quelques jours après que le Maire Adjoint de FANMI LAVALAS à Petit-Goâve, Dumay BONY, eut réclamé l’application de la formule « zéro tolérance » contre Brignol LINDOR.


Plusieurs autres journalistes ont été agressés par des membres d’OP Lavalas durant le même mois. Il s’agit de :


· Thony BELIZAIRE, Photographe de l’AFP


· Jean Gérin ALEXANDRE, Jean Elie MOLEUS, journalistes de Radio Caraïbes


· Maxeau EXIL, HPN


· Alix Michel FELIX, Directeur de Radio Grande-Anse.


Les vitres des voitures des Stations des Radios Caraïbes et Métropole et de la chaîne de Télévision TELEMAX sont brisées.


Suite aux rumeurs de coup d’état, le 17 décembre, des stations de Radios ont dû fermer leurs portes ou suspendre provisoirement leurs programmes d’information, en raison de menaces et du climat général d’insécurité.


Il s’agit de :


  RADIO VISION 2000


  RADIO CARAÏBES F.M.


  RADIO ECHO 2000


  RADIO IBO


  RADIO METROPOLE


  RADIO KISKEYA


  RADIO GALAXIE


  RADIO SIGNAL FM


  RADIO TELE CONTACT DE PETIT-GOAVE


  RADIO ROTATION F.M. DE BELLADÈRE


  RADYO VWA PEYIZAN PAPAY


  RADIO MAXIMA DU CAP-HAÏTIEN


Janvier 2002


Le journaliste Joseph Guyler C. DELVA, Secrétaire Général de l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH), a été menacé de mort par des militants de « BALE WOUZE » à Saint Marc ainsi que par les chefs d’OP Lavalas René CIVIL et Paul RAYMOND.


Bernard BAPTISTE de Tropic F.M. a été agressé physiquement par le Commissaire de Police de Pétion-Ville, Carlo LOCHARD.


Des journalistes de Signal F.M. ont été agressés par un individu à bord d’un véhicule du Palais National.


Mathieu PRUD’HOMME de Haitian Press Network (HPN) a été attaqué à Cité Soleil.


Février 2002


Le mois de février 2002 est marqué par l’arrestation du journaliste Genel MORRIN, Rédacteur en Chef à Radio Magic Stéréo, sous l’accusation de kidnappeur. Il est libéré quelques jours plus tard suite à l’intervention de l’AJH. Immacula LOUISY ST CIMA de la même station de Radio a été agressée physiquement par des hommes armés.


Mars 2002


Joseph HARRY, correspondant de Radio Galaxie au Cap-Haïtien et Mirbel CHARLES de Radio Hispaniola ont été agressés par des membres d’OP pro-Lavalas.


A Cayes-Jacmel, le Maire Lavalas de la ville a menacé de fermer Radyo Flanbo, une station membre de REKA (Rezo Radyo Kominotè Ayisyen).


Avril 2002


Le journaliste Ernst CADICHON a échappé de justesse à une tentative de kidnapping perpétrée par des individus lourdement armés montés à bord d’une Nissan Patrol blanche à vitres teintées sans plaque d’immatriculation.


Des journalistes de Radio Plus ont dénoncé des menaces dont ils font l’objet.


Brigitte LOUIS, Jose PHILOGENE et Isnas PHILOGENE de Radio Jupiter de Limbé ont dénoncé des actes d’intimidation proférées à leur encontre par des individus armés qui ont de plus menacé d’incendier la station de radio.


Mai 2002


Darwin SAINT-JULIENE, du journal Haïti Progrès et Allan DESHOMMES reporter à Radio Atlantique au Cap-Haïtien ont été arrêtés à Guacimal, dans la Commune de Saint-Raphaël. Ils ont été gravement blessés, mais s’étaient vu refusés après leur mise en détention, les soins dont ils avaient pourtant besoin. Ces journalistes couvraient un mouvement de protestation ouvrier à la plantation de Guacimal organisé par des syndicats paysans affiliés à « BATAY OUVRIYE ».


Juin 2002


Acte de sabotage perpétré contre Radio Voix des Travailleurs par un groupe d’hommes armés qui ont emporté un émetteur évalué à trois mille deux cents dollars américains (US$ 3200).


Juillet 2002


Israël Jacky CANTAVE, journaliste à Radio Caraïbes F.M. a été enlevé, frappé et malmené ainsi que son cousin Frantz AMBROISE. Ils devaient être retrouvés quelques jours plus tard dans un piteux état. Les ravisseurs du journaliste l’ont accusé « de déranger le gouvernement ».


Août 2002


Le correspondant de Radio Galaxie à Miragoâne, Lequel ALTIDOR a été physiquement agressé par des agents du Corps d’Intervention pour le Maintien de l’Ordre (CIMO) venus de Port-au-Prince pour réprimer une manifestation des habitants de Miragoâne qui exigeaient des autorités l’accès aux services de base tels que : électricité, eau, route.


Le Maire de Gand-Goâve a giflé en plein Tribunal le journaliste Claudy MILORD de Radio Saka, membre du REKA.


Septembre 2002


La correspondante de Radio Vision 2000 à Miragoâne, Anne Myriam LOISEAU, a été giflée chez elle par un agent du CIMO après s’être identifiée. Le policier faisait partie d’un contingent de cinq (5) policiers qui circulaient à bord d’un véhicule immatriculé 4346.


Le Président de la République a fait des déclarations menaçantes contre la presse indépendante. Au cours d’une réunion avec les membres de FANMI LAVALAS dans l’ancien Ranch de l’ex-dictateur Jean-Claude DUVALIER, le Président a qualifié les journalistes de la presse indépendante comme des ennemis à abattre en les comparant aux militaires putschistes de 1991.


Octobre 2002


Tentative d’incendie à Radio Kiskeya. Des tracts et de la gazoline ont été jetés sur la cour de la station.


Le journaliste Bidry DORSAINVIL, Secrétaire adjoint et porte-parole de l’Association des Journalistes Haïtiens, branche Nord, a vu sa maison saccagée par des policiers de l’Unité Départemental pour le Maintien de l’Ordre (UDMO) après une émission réalisée avec le Juge Smith TURENE relative à ses tracasseries avec des policiers de l’UDMO sur les ondes de Radio Ave Maria du Cap-Haïtien.


Novembre 2002


Le mois de novembre 2002 est surtout marqué par les agressions perpétrées par « L’ARMEE CANNIBALE » aux Gonaïves contre les journalistes Esdras MONDELUS, PDG de Radio Etincelle ; René JOSUE, Fleurimond HENRY, Jean Robert FRANÇOIS, correspondants respectifs des Radios : Signal F.M., Kiskeya, Métropole  ; Guerino JANITON et Gédéon PRESANDIEU de Radio Etincelle. Ils ont tous été contraints de quitter la ville.


Décembre 2002


Tentative d’assassinat contre la veuve Jean L. DOMINIQUE, Michèle MONTAS et assassinat de son garde du corps Maxime SEÏDE.


Menaces de mort contre des journalistes de Caraïbes F.M.dont : Prisca JEAN VILFORT, Serge PIERRE LOUIS, Jean Elie MOLEUS, Euvrard ST ARMAND, Paulette Tyl LAFOREST. Les signataires de la lettre anonyme adressée aux journalistes leur ont reproché leur attitude critique vis-à-vis du Président Aristide et ont promis de leur faire subir le « sort de Brignol LINDOR » au cas où ils n’abandonneraient pas Radio Caraïbes.


Janvier 2003


Le journaliste Rony MATHIEU de Magik Stéréo est blessé à la tête par des tessons de bouteille suite à l’intervention brutale des militants Lavalas qui voulaient perturber la marche organisée par le secteur syndical en vue de protester contre la hausse du prix de l’essence à la pompe.


Les émetteurs de Radio Maxima au Cap-Haïtien ont été sabotés par des inconnus armés.


Février 2003


A Petit-Goâve, au cours des funérailles de Mickey FLEURILUS alias Poto, militant lavalas assassiné le 2 février, les journalistes Montigène, David et Melissa Marie Josette SINCERE ont été agressés. La maison de Montigène SINCERE a été incendiée.


La direction de Radio Métropole à Port-au-Prince a dû suspendre ses émissions d’information pendant vingt quatre heures (24) pour protester contre les menaces qui pèsent sur ses journalistes. Les menaces visaient plus spécifiquement Jean Numa GOUDOU dont le véhicule a été incendié chez lui, dans son parking, François Junior ROTCHILD, Marie Archille LOUIS, Nancy ROCK, Romney CAJUSTE, et Roosvelt COSSY.


Radio Haïti Inter dont le Directeur Jean L. DOMINIQUE et un gardien de la station Jean Claude LOUISSAINT avaient été assassinés sur la cour de la station le 3 avril 2000 a été obligée d’éteindre ses antennes. La veuve du journaliste a annoncé dans un éditorial lu sur les ondes de la Radio que cette décision faisait suite aux menaces constantes dont le personnel fait l’objet.


Mars 2003


Les journalistes François JEAN BAPTISTE (Vision 2000), Rodson JOSEPH (HPN), Roosevelt COSSY et Romney CAJUSTE (Métropole) ont été sévèrement maltraités par des policiers en face de l’Ambassade de France à Port-au-Prince alors qu’ils venaient de couvrir une manifestation des étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH).


Avril 2003


Liliane PIERRE PAUL de Radio Kiskeya a reçu une lettre par la poste, dans laquelle est insérée une cartouche pour arme à feu de calibre 12. Cette correspondance qui, à la fois, fait promotion pour « le père Lebrun » et la campagne de restitution de la dette de l’indépendance estimée à vingt-et-un milliards six cent quatre-vingt-cinq millions cent trente-cinq mille dollars américains (US$21,685,135. 00) réclamée du gouvernement Français par le pouvoir Lavalas, lance un ultimatum en ces termes : « Lilian’n ou gen pou li lèt sa a pandan 4 jou, mèkredi 30, jedi 1er me, vandredi 2 me, lindi 5 me e si ou pa li l nap rezève yon sipriz pou ou madi 6 me. Sa ou wè nan anvlop la se yon echantiyon nan sipriz la ». Une autre correspondance datée du même mois reçue à Radio Kiskeya dit ceci : « Nou pat bezwen jounalis pour 1804, nou pa bezwen jounalis pou 2004. Lilianne, Marvel ak Sony pap wè 2004″.


Mai 2003


Sony BASTIEN, Directeur de Radio Kiskeya a fait l’objet de deux (2) mandats de comparution signés du Juge d’Instruction Bredy FABIEN pour venir s’expliquer sur le contenu d’une interview accordée par son prédécesseur, Me Henry Kesner NOËL au moment de partir pour l’exil pour protester contre l’orientation politique du dossier du massacre de Piatre confié à sa charge. Le caractère arbitraire de ces mandats a été reconnu par le doyen du Tribunal de Première Instance de Saint Marc, Me René SYLVESTRE qui, dans une décision sur le recours exercé par les avocats du PDG de Radio Kiskeya, a rappelé que : « Le journaliste, comme le médecin ou l’avocat, ne peut, sans violer les règles de la déontologie professionnelle, dévoiler une parole à lui confiée ».


Les émissions « Impasse quelle Issue » et « PROFIL » de TELEMAX sont suspendues suite aux rumeurs faisant état que la majorité des actions (69%) de la seule chaîne de télévision indépendante émettant par ondes à Port-au-Prince avaient été achetées par le Président Jean Bertrand ARISTIDE.


Menaces de mort contre le correspondant de Radio Kiskeya à Jérémie, Charles Emile JOASSAINT.


Juin 2003


Le Journaliste Franckel MAGINAIRE et son collègue de Radyo Tèt Ansanm de Jérémie ont été sévèrement battus par des hommes armés accompagnant Jean Claude JEAN BAPTISTE, ancien Directeur de la PNH, Secrétaire d’Etat au Travail. Monsieur Jean Baptiste tenait une rencontre à huit-clos, au foyer culturel de Jérémie, avec des militants Lavalas. Il a été reproché aux journalistes de suivre à distance cette rencontre.


Plusieurs journalistes de TELEMAX ont été remerciés. C’est l’aboutissement du plan du pouvoir de prendre le contrôle total de cette chaîne de télévision qui avait fait un effort d’équilibre. Ce plan avait débuté en 2001 quand environ quinze (15) journalistes, chroniqueurs sportifs et techniciens de TELEMAX avaient bouclé leurs valises pour se rendre à la chaîne de Télévision de la Fondation Aristide Télé Timoun et au service de presse de la présidence.


Juillet 2003


Des membres d’OP lavalas ont menacé d’incendier la Radio Télédiffusion Mirebalésienne pour protester contre la tenue de l’émission « Grand Débat » considérée comme un espace critique pour le pouvoir.


Rigaud DELICE, Chroniqueur sportif à Caraïbes F.M. a trouvé la mort dans un accident suspect de la circulation survenu vers onze (11) heures du soir à Delmas 33 et dans lequel est impliqué le véhicule du Directeur Général du Ministère de l’Intérieur, Bell Angelot.


Plusieurs journalistes ont été maltraités à Cité Soleil par des partisans du pouvoir au moment de couvrir une manifestation du groupe des 184. Les journalistes agressés répondent aux noms de : Kenson JEAN LOUIS (Radio Signal F.M.), Desrameau D. JOSEPH (Radio Phare), Osnel VANCOL, Joël DERIFONCE (K-Dans F.M.)


Août 2003


Le Curé de la Paroisse de Léogâne, Fritz SAUVAGERE, responsable local de FANMI LAVALAS, aidé de deux (2) agents de sécurité du Palais National a expulsé de l’église les journalistes de Radio Vision 2000 et Passion F.M. de Léogâne au cours d’une messe célébrée en présence du Chef de l’Etat à l’occasion de la fête patronale de la ville. Le curé s’en est vivement pris à la presse indépendante pour ses analyses critiques contre le pouvoir. Le correspondant de Radio Vision 2000 à Léogâne, Peterson MILORD a été quelque jours après kidnappé puis libéré et sa maison incendiée.


Le Directeur de Radio Peredo Inter, Monsieur Johnson JOSEPH, a été roué de coups jusqu’au sang par un policier du commissariat de Marigot.


Septembre 2003


A l’occasion du douzième anniversaire du coup d’état du 30 septembre 1991 des menaces ont été proférées contre des médias indépendants dont Radio Vision 2000, Radio Métropole, Caraïbes F.M., Radio Kiskeya et Télé Haïti. Une manifestation organisée par le dirigeant du PARTI POPULAIRE NATIONAL (PPN), dirigé par Benjamin DUPUY et des militants lavalas en faveur du maintien au pouvoir de Jean Bertrand ARISTIDE fait état dans des pancartes et déclamations, de l’aspect déstabilisateur des médias indépendants qualifiés de « médias macouto-bourgeois ».


Le Secrétaire d’Etat à la Sécurité Publique avait promis à l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) de mettre une patrouille policière omniprésente devant ces médias ciblés. Mais cette promesse n’a pas été tenue.


Le chef du cabinet du Secrétaire d’Etat à la Sécurité Publique, M. Dany Fabien et le porte-parole de la Police Madame Daphney ORLANDO s’attaquent au journal Le Nouvelliste qu’ils accusent d’avoir truqué une prise de vue de policiers publiée en première page du journal. Ce cliché montrait des policiers en train de lever une barricade aux Gonaïves. Pourtant la photo prise par le photographe de l’AFP est conforme à la vérité.


Dans la foulée, il convient de signaler que plus d’une trentaine de journalistes ont été contraints à l’exil depuis le retour au pouvoir de Jean Bertrand ARISTIDE. On peut citer :


  Henry FLEURIMOND, Radio Kiskeya


  Josué RENE, Signal F.M.


  Jean Robert FRANÇOIS, Radio Métropole


  Renel Noël JEUNE, Radio Etincelles des Gonaïves


  Gédéon PRESENDIEU, Radio Etincelles des Gonaïves


  Guérino JEANTON, Radio Etincelles des Gonaïves


  Ernst OCÉAN, Radio Vision 2000


  Romain WILFRID, Radio Caraïbes


  Dominique BEAUPLAN, Radio Ibo


  Abel DESCOLLINES, Radio Galaxie


  Gaston JANVIER, Radio Galaxie


  Arthus WEBERT, Radio Caraïbes


  Carlo SAINRISTIL, Radio Caraïbes


  Gary BELIZAIRE, Signal F.M.


  Francelyne LEONARD, Radio Métropole


  Ulrick JUSTIN, Radio Vision 2000


  Marc Sony JEAN BAPTISTE, Radio Vision 2000


  Yves-Clausel ALEXIS, Radio Vision 2000


  Pharès DUVERNE, Radio Vision 2000


  Robert PHILOME, Radio Vision 2000


  Jean Samuel TREZIL, Radio Caraïbes


  Duc Jonathan JOSEPH, Radio Métropole


  Zachary NAZAIRE, Radio Vision 2000


  Israel Jacky CANTAVE, Radio Caraïbes


  Ansy LOUIS, Radio Vision 2000


  Jean Numa GOUDOU, Radio Métropole


  Michel MONTAS, Radio Haïti Inter


  Jean Roland CHERY, Radio Haïti Inter


  Immacula PLACIDE, Radio Haïti Inter


  Guerlande ELOI, Radio Haïti Inter


  Bidry DORSAINVIL, Radio Voix Ave Maria (Cap-Haïtien)


  Jean Gérin ALEXANDRE, Radio Caraïbes


Octobre 2003


Le journaliste Fritz ORELIEN de la station Horizon FM de Desdunes, de passage à la capitale, a été arrêté, conduit au Palais Présidentiel et battu par des policiers de l’Unité de Sécurité et de la Garde du Palais National (USGPN) pour n’avoir pas salué le drapeau.


A Saint Marc, le Sénateur Jean-Claude DELICE et le Député Armanus MAGNET, au cours d’une manifestation anti-gouvernementale, sont arrivés à bord de deux (2) véhicules portant la mention « presse ». Des hommes armés en sont descendus et ont tiré des coups de feu en l’air pour disperser la manifestation. Cette utilisation cavalière du label « presse » à des fins répressives ne vise qu’à ternir l’image d’un secteur dont la crédibilité auprès de l’opinion publique est importante poursasurvie.


AMarchandDessalines, au cours de la « messe »organisée à l’occasion du 197e anniversaire del’assassinat du père fondateur de la Nation, Jean Jacques DESSALINES, le Révérend Père Léobert DIEUDONNE a, malgré la présence du Chef de l’Etat ou peut-être à cause de cette présence, en lieu et place de l’homélie de circonstance, adressé une virulente diatribe contrela presse indépendante assimilée à la presse d’opposition, spécialisée dans le mensonge, la déstabilisation et contrôlée par des affairistes jouant aux persécutés pourl’obtention de visas.


Au demeurant, le bilan des attaques perpétrées contre la presse depuis le retour au pouvoir du Président Aristide est lourd. Ce qui frappe c’est le caractère systématique des menaces et agressions dirigées contre la presse. Il ne s’est pas passé un mois sans un acte d’intimidation, d’agression, d’entrave ou de menace contre la presse L’impunité totale dont jouissent les auteurs de ces menaces et agressions est une preuve irréfutable que la volonté de réduire au silence la presse indépendante est une stratégie gouvernementale. Aucun des recours en justice exercés par les journalistes victimes n’a abouti. Aucune enquête sérieuse n’a été menée à terme par les instances judiciaires. Même l’assassinat odieux de Brignol LINDOR revendiqué publiquement par l’organisation Lavalas « DOMI NAN BWA » et annoncé peu de jours avant par le Maire Lavalas Dumay BONY n’a donné lieu à un procès.


L’Exécutif a fait obstruction dans l’enquête autour de l’assassinat de Jean DOMINIQUE et de Jean-Claude LOUISSAINT. Le Juge Claudy GASSANT qui a fait preuve de sérieux et de courage dans la conduite de l’enquête a été contraint à l’exil en raison de nombreux obstacles dressés sur son chemin par les proches du pouvoir :


  en janvier 2001, un ancien garde de la sécurité présidentielle et député Lavalas de Carrefour, Milien ROMAGE, sur qui pèse la présomption d’assassinat du Pasteur Antoine LEROY, a bloqué le passage du véhicule du Juge et a menacé de l’abattre ;


  La Police a refusé d’exécuter les mandats émis par le Juge dans le cadre de l’enquête ;


  Le Sénat Lavalas refuse de lever l’immunité parlementaire du principal suspect du double meurtre du 3 avril 2000, le Sénateur Dany TOUSSAINT ;


  Lynchage et disparition de cadavres de suspects importants ;


  Manifestations violentes organisées par le COSOLDAT (Comité de Solidarité avec le Sénateur Toussaint) pour exiger l’arrestation du Juge ayant osé inculper le Sénateur Toussaint ;


  Agressions exercées par le Commissaire Evans SAINTURNE du Service de la circulation contre le Juge.


Dans ce contexte d’agression et d’insécurité le mandat du Juge Gassant arrive à expiration le 4 janvier 2002 et n’ a pas été reconduit par le Président Aristide. Le Juge a quitté Haïti le 9 janvier 2002 craignant pour sa sécurité. Le dossier du journaliste sera confié à un Juge totalement acquis à la cause de l’exécutif, Bernard SAINVIL, qui a sorti une ordonnance totalement décriée et depuis infirmée par la Cour d’Appel de Port-au-Prince.


Au cours des trente deux (32) premiers mois du second mandat du Président Aristide, trente deux (32) journalistes sont partis en exil (ce qui fait en moyenne un journaliste par mois), près d’une centaine de journalistes ont été individuellement menacés ou agressés sans tenir compte des menaces dirigées contre des médias de manière collective et de la psychose de peur entretenue à dessein, une quinzaine de médias ont dû fermer temporairement leurs portes ou suspendre leurs programmes d’informations, Radio Haïti Inter n’est plus en onde depuis plusieurs mois, deux (2) journalistes et un collaborateur de médias ont été tués et aucun des recours en justice contre les auteurs des menaces, agressions et assassinats n’a abouti.


Il est donc clair que le pouvoir Lavalas n’a pas ?uvré à faire mener des investigations sérieuses sur les meurtres de Gérard DENOSE (chroniqueur sportif tué en novembre 2000 à Carrefour), Fritz Antoine JEAN ( gardien de Radio Vision Nouvelle tué en avril 2001) Jean DOMINIQUE, Jean Claude LOUISSAINT, Brignol LINDOR et Rigaud DELICE et à punir les auteurs de tels actes. Il n’a pas non plus créé les conditions de sécurité nécessaires au bon fonctionnement des médias. Le métier de journaliste est aujourd’hui plus risqué qu’il ne l’a jamais été en Haïti. Tout est fait dans le but de contraindre la presse indépendante à l’autocensure ou de l’aligner sur la voie de la propagande stérile et sans grandeur. La presse est donc dans le collimateur des anarchistes. La tentative d’application du décret du 12 octobre 1977 du Président à vie Jean Claude DUVALIER nous concerne tous, car elle menace dangereusement les bases de la Nation et annonce le retour au modèle ancien dans la gestion de l’Etat.


La presse indépendante en Haïti est confrontée à des situations cycliques de terreur. Tout sentiment d’insécurité ou d’inconfort de la part d’un pouvoir se répercute chez les membres du quatrième (4ème) pouvoir avec un cynisme qu’on oserait à peine imaginer. Des pratiques dignes des dictatures les plus rétrogrades dans l’histoire d’Haïti se manifestent de nos jours à l’encontre de la presse indépendante de manière révoltante, comme si les gouvenements successifs cherchent à se rivaliser en cynisme et en cruautés afin de s’attribuer la palme d’avoir assommé le coup de grace à la presse.


La Coalition Nationale pour les Droits des Haïtiens (NCHR), inquiète du climat d’hostilité entretenu actuellement tant par le pouvoir que par ses partisans les plus zélés face à la presse indépendante, demande au gouvernement que cessent ses attaques car, c’est à l’aune de la liberté que se mesure la nature d’un régime politique.