Dossiers

  1. Repenser la citoyenneté. Lyonel Trouillot
  2. Nous asseoir autour d’une table. Sen. Rudolph Boulos
  3. L'état républicain. Guichard Doré
  4. Message supplementaire. Guichard Doré
  5. Travaillez pour Haïti. Jean Bertin
  6. Pour le Sauvetage National. Jean Erich René

 

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Repenser la Citoyenneté

Trouillot Lyonel Trouillot

Je reprends ici de manière succincte les hypothèses que j’ai développées dans mon essai : Haïti, (re)penser la citoyenneté. De 2001 à aujourd’hui il me semble, hélas, que rien n’a été fait pour aménager une sphère commune de citoyenneté.

L’assassinat de Dessalines en 1806 donne naissance à un Etat dont la visée n’est pas l’aménagement d’une sphère commune de citoyenneté, mais qui aboutit dans son fonctionnement et sa reproduction à un partage inégal des richesses nationales et favorise les mécanismes d’exploitation et d’exclusion. C’est ce quedes théoriciens haïtiens et étrangers ont analysé et nommé par différentes formules révélatrices de la normalisation de l’anomalie : « state against nation » (Michel Rolph Trouillot), « pays en dehors » (Gérard Barthélemy), « Etat marron » (Leslie Péan), etc. Il arrive que ces mécanismes d’exploitation et d’exclusion entretenus par l’Etat produisent une société interdisant à l’individu de se considérer comme membre d’une communauté nationale, mais le forcent ou le poussent à s’identifier à un groupe à l’intérieur de l’ensemble : mulâtre, noir, paysan, originaire de telle région... Ces identités parcellaires sont mouvantes, un individu peut sortir d’un groupe et se retrouver dans un autre, mais ces déplacements individuels n’enlèvent rien à la permanence de la structure. On a vu comment certains de ceux que le responsable d’une campagne présidentielle appelait en 1957 « ces ruraux qui nous assaillent » (l’appellation visait les partisans de François Duvalier), ont repris trente ans plus tard le même discours qui leur était adressé autrefois pour désigner les partisans d’Aristide. La bataille est donc pour sortir individuellement du groupe défavorisé auquel on appartenait pour rejoindre un groupe duquel on était exclu, et de faire jouer soi-même les mêmes mécanismes d’exclusion dont on était hier la victime.


La non existence d’une sphère commune de citoyenneté a une conséquence majeure sur l’expression politique : de manière quasi cyclique, un discours légitime dans sa dénonciation des mécanismes d’exclusion et d’exploitation attire ceux qui se considèrent comme exclus par l’Etat et les oligarchies (c’est ce qu’on a vu avec Duvalier et avec Aristide) mais se traduit dans la pratique des gouvernements par le populisme doublé de la promotion individuelle des tenants du pouvoir, avec le spectre de la dérive totalitaire, puissante et réglée chez Duvalier, larvée et désordonnée chez Aristide.


On ne peut être citoyen d’un Etat, d’une nation qui ne vous donne rien tout en vous donnant l’impression de donner (et donnant de fait) tout à l’autre. Les services de base (éducation, santé, état-civil, libertés citoyennes…) ne sont pas pris en charge par l’Etat. La culture populaire, au sens large du terme (mythologie, patrimoine linguistique, habitudes sociales, pratiques symboliques, organisation familiale…) est dévalorisée.


Non seulement l’Etat refuse au gros de la population tous les attributs de la citoyenneté, il ne fait rien pour exiger des classes favorisées une contribution à l’établissement de la sphère commune de citoyenneté. Ces classes se tournent vers l’ailleurs et se reproduisent en s’identifiant à cet ailleurs et ne participent en rien au développement d’un sentiment d’appartenance. La bourgeoisie française tient à l’école française, la bourgeoisie américaine crée soldes et autres événements autour des fêtes nationales officielles ou populaires. Le développement des arts et de la recherche est supporté par les bourgeoisies nationales. La bourgeoisie haïtienne fait tout pour se « déshaïtianiser ». Son inscription dans l’économie est fondée sur l’exploitation, en complicité avec l’Etat (chaque Exécutif a ses « bourgeois »), ce qui ne favorise même pas une véritable concurrence capitaliste et donne lieu à des monopoles de fait assimilables à des rentes.


Aujourd’hui tout débat qui ne prend pas en compte que la société haïtienne est fondée sur l’inacceptable, soit l’interdiction d’une sphère commune de citoyenneté vu la perpétuation des mécanismes d’exclusion, et le sentiment de rejet que cela produit des pauvres vers les riches, des riches vers les pauvres, risque de finir en queue de poisson. Haïti présente le paradoxe d’avoir poussé le plus loin que possible les principes de la modernité par la révolution de 1804 et d’avoir ensuite freiné le processus par elle-même enclenché. La révolution haïtienne est plus radicale et plus moderne que celle 1789 en France, mais la société haïtienne est, à certains égards, en deça de la France de 88. Ou l’Etat prendra sur lui d’établir cette sphère commune de citoyenneté, ce qui impliquera des déficits et une adaptation aux besoins de la nation de la part des classes favorisées. Lors le processus sera réfléchi et moins douloureux. Ou les exclus frapperont à la porte de l’Etat et des classes favorisées avec des discours revendicatifs . Toute réticence entraînera la radicalisation de ces discours et des demandes de satisfaction immédiate.


Aujourd’hui, sans au moins une réforme à la Lula, ce pays risque d’aller vers l’anomie. Car aucune force répressive ne parviendra à mater les discours revendicatifs. La seule question est la méthode à adopter pour faire enfin de ce pays un pays habité par des citoyens qui le reconnaîtront leur parce qu’il garantira leurs droits et pourra satisfaire leurs besoins.

 

Nous Asseoir Autour d’une Table

Boulos Sen. Rudolph H. Boulos

Mesdames et Messieurs les Professeurs
Mesdames et Messieurs les invités

Je commence par vous remercier  solennellement pour votre participation à la RENCONTRE PATRIOTIQUE POUR UNE STRATÉGIE DE SAUVETAGE NATIONAL. Au premier abord, je tiens à souligner à votre attention qu’en acceptant la demande de la Ligue des Pasteurs Haïtiens en République Dominicaine, le Comité Préparatoire des assises du 28 au 30 août 2009 entend inviter les élites haïtiennes de l’intérieur et de l’extérieur à reconnaître le poids de la diaspora haïtienne en République Dominicaine. Première communauté haïtienne à l’étranger au plan démographique, la diaspora haïtienne installée en République Dominicaine est plus proche des frontières nationales et contribue à hauteur de plus de 300 millions dollars par an à l’économie nationale. La diaspora haïtienne en République Dominicaine mérite d’être mieux considérée et l’on ne saurait ignorer son importance croissante dans l’évolution politique et économique de notre pays.

Mesdames et Messieurs, ce colloque de haute facture réunit des chercheurs, des universitaires, des professionnels, des entrepreneurs, ainsi que des femmes et des hommes politiques haïtiens de l’intérieur et de l’extérieur. Dans cette optique, il convient de préciser, dès le départ, qu’il s’agit d’une initiative non partisane qui, en aucun cas, ne servira de plateforme politique à un candidat ou à un parti politique. Après deux interventions militaires étrangères en l’espace de dix ans, la faillite des élites politiques, économiques et sociales du pays devient une lapalissade. Si l’échec est collectif, l’entreprise de sauvetage national sera une œuvre collective ou ne sera pas.

Mesdames et Messieurs, malgré la compassion et la bonne volonté de la communauté internationale, manifestées à travers l’annulation de la dette externe d’Haïti et le volontarisme du président Bill Clinton, l’histoire nous enseigne que seules des élites nationales responsables et visionnaires peuvent contourner les contraintes et saisir les opportunités qu’offrent les contextes national et international. En d’autres termes, il est de la responsabilité des élites haïtiennes de l’intérieur et de l’extérieur de freiner la dégringolade et de réorienter le cours des événements. Dans cette perspective, et face à la gravité de la situation et à l’urgence de l’heure, cette RENCONTRE PATRIOTIQUE DE SAUVETAGE NATIONAL vise le recouvrement de notre souveraineté nationale et doit conduire à l’adoption d’une politique de renouveau national. Celle-ci implique la définition d’une stratégie de lutte et l’élaboration d’un projet de société articulé nous permettant de rompre avec l’arriération et l’archaïsme, en vue de lancer le pays sur la voie de la modernisation politique, économique et sociale . . . click here to continue

 

L'État Républicain

Guichard Doré

Mesdames et Messieurs,        
Je veux solennellement vous remercier pour votre participation à la Rencontre Patriotique pour une Stratégie de Sauvetage National. Votre présence est très importante pour la poursuite des efforts visant à remettre notre pays sur les voies de la normalité administrative et institutionnelle tout en lui permettant de renouer avec la croissance économique et de contribuer valablement aux idéaux universels de progrès et d’humanité.

Chers compatriotes, aujourd’hui la compétition mondiale est une compétition élitaire. Les élites haïtiennes doivent comprendre cette réalité. Notre pays ne peut pas entrer et avoir une place de choix dans la compétition internationale sans l’implication réelle et effective de nos savants, de nos ingénieurs, de nos chercheurs et de nos universitaires dans les différents lieux institutionnels de production de savoirs et de richesse.

Nos ressources naturelles sont limitées. Notre croissance sera en grande partie déterminée par un investissement raisonné dans le champ de la formation et de l’éducation. Nous devons investir l’économie de la connaissance pour assurer la croissance économique durable tant souhaitée !!   

Pour moderniser les structures de la production, réformer l’Etat et changer les mentalités, il faut un compromis historique entre les nantis du savoir et les nantis de l’entreprise.

La mise en œuvre de notre pacte républicain réclame l’esprit de compromis, l’union des forces progressistes et le rassemblement des forces socioéconomiques à fin de trouver l’alchimie nécessaire au développement économique et intégral de l’homme haïtien.

Depuis 200 ans le pays a adopté le la République comme forme de gouvernance de la vie publique. L’Etat Républicain, Mes chers compatriotes,  ce n’est pas un Etat mou. L’Etat Républicain doit pouvoir décliner et faire vivre les valeurs républicaines.

La République c’est l’effort. La République c’est la participation de tous les citoyens à la production des biens et des services. La République c’est le sens de responsabilité. La république c’est le respect des lois. La République c’est la participation de tous les citoyens à l’effort national en payant des taxes et impôts. La République c’est le respect des institutions. La république c’est faire respecter l’autorité de l’Etat. La République c’est accepter la différence. La république c’est accepter l’autre dans sa singularité humaine. La République c’est l’épanouissement de l’être humain dans toutes ses dimensions.

Le discours républicain met l’accent sur l’individu porteur de projet, imaginatif, créatif et acteur du changement. Le discours républicain met l’accent sur la responsabilité individuelle. Le respect des principes républicains permet de passer des droits virtuels aux droits réels. Il n’y a pas de droit sans devoir et il n’y a pas de liberté sans contrainte. 

L’un des obstacles à notre développement aujourd’hui est le déficit du discours républicain.

La situation actuelle exige la mise en commun des énergies pour appliquer et pérenniser les valeurs républicaines en Haïti.

Mesdames et Messieurs, les assises auxquelles vous participez sont un exercice de fusionnement d’idées et de réflexions articulées autour des problèmes nationaux qui ont été jusque-là occultés du débat national. Dans une conjoncture  caractérisée par les manœuvres et pratiques qui prennent à contre-pied les valeurs fondatrices de notre République, cet exerce a le mérite de prouver à nos compatriotes et à la communauté internationale qu’il y a dans le pays des hommes et des femmes qui sont conscients de leurs responsabilités et qui réfléchissent sur les questions stratégiques d’intérêt national.

Votre présence, ici, témoigne votre attachement à un effort de sursaut national pour construire une nouvelle Haïti inclusive assurant la coexistence pacifique de tous ses fils quelque soit leurs origines sociales et géographiques.

Par votre présence aux assises de Santo Domingo, vous prouvez que vous êtes conscients de la déliquescence des institutions de l’Etat. Il est nécessaire à ce que nous puissions trouver des solutions efficaces et efficientes aux problèmes macro institutionnels auxquels fait face le pays.

Le bon fonctionnement et l’enracinement des institutions publiques dans leurs territoires sont nécessaires à la reprise des activités économiques génératrices d’emploi.

Mesdames et Messieurs, les deux journées de réflexion organisées à l’initiative du Comité Préparatoire de la Rencontre Patriotique pour une Stratégie de Sauvetage National sont non partisanes. Elles sont une œuvre citoyenne. Elles visent à identifier scientifiquement les problèmes qui tracassent la population depuis des années et dégager des pistes de solutions pour les résoudre.

 L’origine diverse des intervenants et intervenantes est un signe annonciateur du changement souhaité dans la gestion des affaires de la nation. Des Haïtiens et Haïtiennes de l’intérieur et de la diaspora sont réunis (es) pour analyser scientifiquement les questions d’intérêt national. Cette réalité que nous vivons aujourd’hui est un acte  singulier dans l’histoire récente du pays.

Mesdames et Messieurs, le pays attend beaucoup de vous parce que vous avez reçu beaucoup de lui. Vous devez vous montrer à la hauteur des enjeux nationaux.

L’établissement d’une société démocratique et le fonctionnement d’un Etat républicain appellent à la responsabilité effective des groupes dirigeants. Mes chers compatriotes vous faites partie des groupes dirigeants. Vous êtes dotés des pouvoirs inouïs pour changer certaines choses. Vous devez vous en rendre compte. Vous êtes indispensables au bon fonctionnement de la société mais vous devez également assumer vos responsabilités. Le pays vous regarde et vous observe, prenez vos responsabilités !! Soyez des acteurs pour dessiner le changement historique tant souhaité pour notre pays. Vous êtes le porte parole de ceux qui ne peuvent pas exprimer librement leurs points de vue, soyez le défenseur de l’éthique républicaine. En tant qu’acteur de la vie sociétale, soyez des élites réformatrices. Votre refus de participer à une action historique d’entente et de progrès pourrait signifier, pour nos détracteurs, le naufrage définitif du projet démocratique et subséquemment le développement national.
Montrez, à travers vos réflexions, ce dont vous êtes capables pour sauver un pays maltraité et une population déçue et fatiguée.

Du développement économique aux réformes institutionnelles, de la politique sociale aux questions environnementales, de la question constitutionnelle à la politique éducative vous êtes appelés à réfléchir sur des thématiques transversales qui sont très importantes pour l’avenir du pays.

Que vos réflexions découlées de la réalité haitienne puissent être les axes majeurs d’une véritable stratégie de sauvetage national ;

Que les acteurs et les décideurs politiques et institutionnels tiennent compte de vos efforts et intègrent vos réflexions dans leur programmes et projet de société;

Je vous souhaite bon travail, du succès dans vos efforts d’éclairage de la problématique haïtienne

Merci

Message supplementaire de Guichard Doré, le 6 septembre 2009

Appel du Camp Patriotique pour le Sauvetage National

Peuple Haïtien, Haïtien et Haïtienne de l’intérieur et de l’extérieur
Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont au timon des affaires de l’Etat ont comploté contre la souveraineté nationale et l’intérêt supérieur de la Nation.


Le gouvernement, acceptant la destruction des valeurs et pactisant avec les forces d’occupation, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour éteindre l’orgueil national.


Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par les manœuvres de diversion et des stratégies de division de l’ennemi de la patrie.


Les actions malhonnêtes, les viols, les vols des biens de l’Etat constituent le trésor des collobos et des forces de la corruption pour détruire le pays. Les jouisseurs et les corrompus font tout pour mettre le pays dans une situation intenable.


Les forces saines du pays disent non à la soumission de l’Etat Haïtien aux forces d’occupation.


Tous les jeunes épris de l’esprit de liberté vous avez votre place dans le camp patriotique. Le camp patriotique c’est votre combat.


Tous les chômeurs vous avez votre place dans le camp patriotique. Le camp patriotique défend votre intérêt.


Les fragilisés et les accidentés de la vie le camp patriotique vous défend. Vous avez votre place dans le camp patriotique.


Tous les citoyens, toutes les citoyennes qui révoltent contre le système en place vous avez votre place dans le camp patriotique. Le camp patriotique incarne l’âme nationale.


Les paysans, les citadins, les entrepreneurs et les salariés qui sont fiers de notre passé vous avez votre place dans le camp patriotique. Le Camp patriotique est l’expression de l’identité nationale.


Tous les citoyens et citoyennes qui veulent une Haïti qui a des dirigeants qui ont le sens de responsabilité, rejoignez le camp patriotique. Le camp patriotique c’est la quintessence de l’intérêt national.


Les pères et mères de familles qui veulent assurer un avenir meilleur à leurs enfants vous avez votre place dans le camp patriotique. Le camp patriotique c’est le respect des valeurs fondatrices de la patrie et de la famille.


Tous les corrompus et les jouisseurs qui ont pactisé avec les forces d’occupation vous devez rester à l’écart du mouvement social à construire pour libérer le pays des collabos et des occupants.


Le Camp Patriotique pour le Sauvetage National veut regrouper les forces saines et les citoyens honnêtes de bonne volonté pour le développement social et économique du pays.


Haïti ne doit pas vivre de la charité. Le Camp patriotique veut mettre les hommes et les femmes au travail.


Quoiqu’il advienne la flamme de la résistance haïtienne ne s’éteindra pas.
La libération nationale est notre combat. Le développement du pays est notre détermination.


Vive Haïti, vive le Camp Patriotique.


Guichard Doré

 

 

 

Travaillez pour Haïti

Jean Bertin

Mesdames et messieurs,
Je ne veux en aucune manière que ma présence ici soit une contribution à la continuité du processus de destruction qui sévit dans mon pays. Je dis ceci en honneur à la mémoire de mon épouse Mireille et à la mémoire de tous ceux la qui ont aussi perdus leur vie pour un Haïti meilleure pour tous et pour toutes.


Pour mieux vous faire comprendre,

Mireille
Le Jean Jean Bertin que beaucoup d’entre vous connaissait dans le temps, pilote de ligne, expert en aviation, entrepreneurs est passé en second plan, celui que vous avez devant vous, est un professionnel de la politique, né de la douleur des entrailles de la crise le 28 mars 1995.


Le professionnalisme et le pragmatisme cultivés pendant bien des temps chez moi ne me permettent pas de transgresser les principes fondamentaux de la politique.


Je suis invité ici comme vous, pour une réflexion en vue de trouver les voies et moyens de sauver notre pays.
Arriver ici, je constate qu’on est devant un comité préparatoire à l’élaboration d’une stratégie de sauvetage national.


Si nous voulons vraiment transformer Haïti, si nous voulons changer ce qui est mal et amélioré ce qui est bien, nous devons faire très attention pour ne pas suivre la même trajectoire que ceux que nous critiquons.


La logique même de la politique veut que vos possibilités et vos limites, dépendent fondamentalement de comment vous commencez.
Il vous faudra lutter contre le poids de nos coutumes, comme l’a si bien décrite dans son exposée, Danielle Saint Lot, l’une de nos plus belles richesses, la femme haïtienne, et je pense Danielle que tu as été généreuse avec nous hier matin, vous les femmes n’êtes pas sous estimées, mais méconnues.


Nous utilisons souvent de grands mots et de grandes expressions sans pour autant les mettent en pratique.
Les linges sales se lavent en famille, et j’ajouterai à cela, et à la maison.
Je ne comprends pas cette formule politique qui nous permet de faire des débats sur nos faiblesses, nos forces, nos stupidités etc etc. au devant des étrangers.


Le milieu international est stricte pourvu de règles et de normes bien élaborés. Il y a plus d’opportunités que de danger, et des gents très bien former si trouvent.
La plus grande des erreurs serait de ne pas les prendre aux sérieux.


Sommes-nous vraiment des leaders, je ne sais pas !
Ce que je sais, s’est que chacun de vous a un rôle à jouer, chacun de nous a quelque chose à apporter. Nous avons une responsabilité envers notre génération et une responsabilité encore plus grande envers les générations à venir.
Chacun de nous avons eu plus d’opportunité dans cette Haïti en faillite à cause de la douleur de l’injustice et l’inégalité,
Nous avons eu beaucoup plus de possibilité que tant d’autres.
Aujourd’hui, Haïti est en droit d’exiger plus de nous qu’aux autres,
Notre patrie est en droit d’exiger de nous autres qui avons eu plus d’opportunité pour l’éducation et pour vivre que nos autres frères qui sont dans les campagnes.
En vérité je vous le dit, nous avons moins le droit de faire des erreurs qu’eux. Nous faisons parti de cette minorité selecte qui dans toute société équilibré fait bouger les choses,

Je vais citer Arnold Toynbee, “le destin d’une société dépend toujours de la créativité de sa minorité ”.
Aujourd’hui Haïti requiert de nous le sacrifice du personnel ou de l’individuel pour l’intérêt collectif.


Nous sommes les héritiers de deux siècles d’histoires de luttes intestines, de désaccords et de violences. Il est temps que nous fassions que cette même histoire nous unit. Alors nous trouverons la force de cohésion nécessaire pour former l’âme nationale, condition sine qua non pour relever les grands défis énoncés par notre célèbre concitoyen Chavanne Jean-Baptiste, un des grands leaders du mouvement paysan haïtien.


Je veux me positionner du coté de Eliott le fugitif,
Qui se résume en ceci ; Dans un monde de fugitif, celui qui va en sens contraire parait être celui qui fui.
Dans notre cas, ce serait : Dans un monde d’irresponsable, celui qui prend ses responsabilités parait être l’inconscient.


Il est de ces générations qui n’assument pas leur responsabilité,
Il est de ces générations qui sont éclipsées par la médiocrité, d’autres par la peur et l’inertie. Notre pays est béni par ses ressources naturelles, son histoire, son identité, Nous avons de grands intellectuels, de très bons professionnels, de très bons industriels et commerçants. Et le peuple le plus laborieux de ce monde,
Nous ne devons pas laisser qu’un groupuscule qui s’est mis aux enchères pour les étrangers, nous fait passer pour des ignorants.


Les vrais péchés en Haïti qui ont contribués à la désarticulation de la Nation sont :
Faire de la politique sans principe,
Faire le commerce sans moral,
Haïti peut sortir du trou ou il est, si nous mettons de coté la grande tentation humaine de faire ce que nous critiquons chez les autres, gaspiller notre énergie en clamant que la faute est au blanc, au noir, le coupable est l’américain, le français, le politicien, le commerçant, l’industriels, les anciens militaires, le corps de la police, l’ancien corps des volontaire de la sécurité national VSN, avec la connotation de MACOUT. En fait
Utilisant les mêmes formules politiques et espérer des résultats différents. La Politique est une science mesdames et messieurs,
Deux plus deux ne font pas cinq ou six quand cela vous plait.


Une invitation !
Je vous invite donc à être ce qu’on dit que nous sommes, je vous invite à croire fermement en Haïti, je vous invite à faire le sacrifice nécessaire pour que nous le transformons ensemble. Nous avons plus que 9 millions de nos frères, une force nationale qui attend un Haïti différent de cet Haïti que l’on nous a inculque, un Haïti propre, un Haïti fort, un Haïti juste, un Haïti en sécurité, un Haïti compétitif, l’Haïti perle des Antilles, l’Haïti que nous aimons, cet Haïti est possible si nous répondons présent et dépassons les limites humainement espérable, les limites des conservateurs et des prudents, et que nous faisons honneur a ce titre que l’on nous a conférer,
Comme disait l’autre, vaux mieux être que de paraitre, vaux mieux servir que briller.
Mes chères amis, aimez passionnément Haïti, travaillez pour Haïti, luttez pour Haïti, transformons le ensemble, et seulement alors, nous serons en droit d’être appeler leader ! MERCI

 

Pour le Sauvetage National

Jean Erich René

 Face à la situation de chaos, de peur, de terreur et de misère que vit quotidiennement le peuple haïtien, le souci d’y mettre un terme hante tous les esprits. Une nouvelle génération de dirigeants bien imbus des dossiers nationaux et soucieux du bien être collectif se prépare à  occuper l’avant-scène politique afin d’assurer la relève avec compétence et dignité. La démocratie est le baume le plus efficace pour  panser nos blessures. L’inégale répartition des richesses nationales séquestrées par nos dirigeants politiques, est à l’origine des conflits qui rongent le Corps Social.

Il faut coûte que coûte inverser la tendance actuelle propre à  la démission de l’Etat, à  l’insécurité et au pillage systématique des caisses publiques. De nouvelles bases de légitimation doivent être offertes à ce peuple traumatisé mais forcé de poursuivre la route avec ses bourreaux sous l’empire de la peur. Ce pays, meurtri par les vaines promesses des démons de la politique, ne pourra s’en sortir qu’à la faveur de campagnes de sensibilisation visant à écarter les électeurs de leur hypnose. Il faut aiguiser le sens critique de nos concitoyens afin qu’ils puissent distinguer le bon grain de l’ivraie.

Pour les prochaines joutes électorales, il ne faut plus prêter oreilles aux propos flatteurs et trompeurs des sycophantes que dire du mutisme mystificateur d’un vaurien. L’électeur rationnel doit axer son choix sur les critères suivants :

 

  1. -         La compétence du Candidat dans la conduite des dossiers nationaux
  2. -         Sa capacité de réorienter de manière ponctuelle l’intervention étatique
  3. -         L’intégration des groupes sociaux exclus dans la gestion de la République
  4. -         La décentralisation et la délégation des pouvoirs aux entités locales mieux imbues de leurs priorités.
  5. -         L’assainissement des finances publiques afin d’éviter la concussion, le détournement des fonds et l’hémorragie fiscale qui handicapent notre développement économique.
  6. -         La clarification des mécanismes de perception des taxes, des impôts et de leurs distributions.
  7. -         L’épargne de nos maigres ressources pour financer nos investissements futurs, assurer notre croissance économique tout en nous libérant d’une tutelle étrangère dégradante et suffocante.
  8. -         La vérification des Comptes Nationaux

 

Un simple survol des appareils de l’Etat explique son effondrement compte tenu du rôle destructeur des castes dirigeantes et de leur collusion avec la  politique néo-libérale. Le mythe de la privatisation des entreprises de l’Etat comme vecteur de progrès a facilité la main mise pure et simple, des partenaires politiques et économiques des pays impérialistes. Le démantèlement de l’Etat Haïtien s’est accéléré avec la vente du Ciment d’Haïti et de la Minoterie d’Haïti. De fabricant de ciment et de producteur de farine, nos entrepreneurs deviennent de simples metteurs en sac de ciment et de farine commandés en vrac. Ils ont court-circuité certains maillons de la chaîne de production et éliminé des emplois. Cette pratique de dépeçage de l’économie nationale s’inscrit dans le cadre  de cette politique purement impérialiste faisant d’Haïti l’arrière-cour des USA. L’alliance des Colons de l’ère nouvelle avec les élus locaux identifie clairement les racines du mal haïtien.

Tout au long de notre histoire les classes dirigeantes haïtiennes sont pour la plupart alliées ou supplétives aux forces internationales à la recherche d’hégémonie politique et de butin pour exercer et financer leurs puissances. Actuellement le mythe de la soumission inconditionnelle de l’agneau en face du loup s’efface. Les voyages réitérés et les séjours prolongés de nos jeunes compatriotes sur les territoires des puissances colonisatrices soulèvent une prise de conscience. Nous avons la ferme conviction que,  grâce à notre performance dans les sphères de l’administration de la Métropole, nous pouvons changer notre statut  de pays pauvre parce qu’exploité.

L’élite haïtienne contemporaine refuse de s’évader intellectuellement en se gargarisant de plaintes, de complaintes et de sanglots en réaction  à notre état de paria. La nouvelle donne prêche l’évangile de la Nouvelle Alliance, en ouvrant des perspectives plus enrichissantes et favorables à l’émancipation des masses nécessiteuses. A bas les préjugés mesquins de mulâtres et de noirs, d’Haïtiens du dedans et de la diaspora, de ruraux et de citadins, recyclés et ruminés à souhait pour nous diviser. Aujourd’hui nos expatriés se sont rendus compte que :

  1. -         le rêve de l’El Dorado américain est un leurre.
  2. -         l’illusion d’émigrer en France ou ailleurs pour mieux vivre est utopique.
  3. -         Nos frères travaillent comme des esclaves dans les manufactures sans jamais s’enrichir sinon que s’endetter.
  4. -         Le trafic de la drogue et la prostitution deviennent de plus en plus leurs portes de sortie imaginaires
  5. -         L’absence des vaillants fils de la Nation a créé un vide institutionnel dangereux.
  6. -         Notre système de santé accuse une carence en techniciens. On a 0,02 médecin, 1, 8 infirmières, 1,8 auxiliaires et 10 lits  pour 1000 habitants en Haïti.
  7. -         L’enseignement supérieur est en butte à des difficultés immenses. Nos étudiants sont en grève permanente.
  8. -         Les services de transport terrestre, aérien, maritime ne fonctionnent presque plus.  

Face à ce désastre, nos dirigeants sont impuissants. D’où l’effondrement de l’Etat haïtien et notre mise sous tutelle. Pour le sauvetage National,  une alternative louable et sans exclusive est proposée lors de la rencontre de Santo Domingo du 28 au 30 août 2009.